Alléau sur les Echos: Ingénierie de l’Environnement

Les Échos quotidien : Quel bilan dressez-vous de la situation de l’environnement en général et des déchets industriels en particulier, au niveau du grand Agadir ?
philippealeauPhilippe Alléau :
Actuellement, il est difficile de dresser un bilan faute de bases de données fiables. De plus, qu’entendons-nous par déchets industriels ? Ils peuvent être solides, liquides ou gazeux et sont catégorisés dangereux ou non. À titre d’exemple, certains déchets dangereux proviennent de l’industrie chimique, du textile…
En l’absence d’un Plan directeur régional de gestion des déchets industriels, chacun «gère» à sa façon le mode d’élimination de ses propres déchets. Pour ce que je connais des zones industrielles régionales, la pratique la plus courante est de confier à des tiers (du «Honda» au véhicule à benne) la charge de se débarrasser de ces déchets. En quittant l’entreprise, ils vont se trouver entre les petites mains de toute une série d’intermédiaires, récupérant ce qui peut l’être et «dispersant» le reste. Cela fait seulement une trentaine d’années que des politiques se sont mises en place dans les grands pays industriels pour faire marche arrière après 250 ans de pollution à grande échelle…
Il faut relativiser avec le Souss-Massa-Drâa et être pragmatique : les solutions passeront par un inventaire de l’existant. Ensuite, explorer les pistes menant à l’élaboration d’un Plan directeur pour engager rapidement les actions prioritaires, notamment préparer le cahier des charges de la future décharge de déchets industriels.

En l’absence de STEP (station d’épuration) au niveau des industries les plus polluantes, comment qualifiez-vous cette situation et quelles seront les solutions appropriées ?
Ici on parle des déchets liquides. L’absence de STEP est logique dans la mesure où la loi 10-95 est incomplète pour permettre d’appliquer le principe pollueur payeur. En gestionnaire attentive de la problématique eau, la Ramsa impose des normes de déversement dans les réseaux, mais les STEP représentent de lourds investissements pour les industriels et des coûts d’exploitation annuels importants. Deux logiques contradictoires ! Les solutions adéquates pourront passer par la mutualisation de STEP (voire la possibilité au niveau de ZI d’installer des STEP collectives), qui seraient confiées à des délégataires privés sous contrôle public. Idem du devenir des sous-produits industriels (boues, saumures, …) ! On le voit, les solutions devront passer par une approche globale intégrant l’ensemble du process de dépollution.

Les zones industrielles ont un rôle crucial à jouer dans la gestion de déchets, en conciliant justement leur développement avec les préoccupations environnementales. Comment peut-on les inciter à une écologie industrielle dans le cadre de la Responsabilité sociale de l’entreprise ?
Passer d’une logique de production tendue à la RSE demande du temps et beaucoup de communication… Il s’agit pour tous, acteurs publics et privés, de conduire le changement, mener les réformes indispensables pour s’adapter aux défis environnementaux. On le sait, ce ne sera pas simple, car les intérêts ne vont pas dans le même sens : la communication sera l’outil fondamental pour apaiser les défiances et lever les incertitudes. Il faudra trouver un lien fédérateur pour engager des actions partagées autour de la préservation des milieux naturels. La qualité du développement futur de la région passera par des hommes… de qualité, préoccupés par l’intérêt général.

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L’Économiste: Quel avenir pour le tourisme en baie Souss Massa Draâ?

 LES TROIS PARADOXES RÉCURRENTS (Philippe Alleau – in L’Economiste n°1423 – 2003 – Extraits).

 Empiriquement, on connaît ces touristes du balnéaire, venant se concentrer tout au long des rivages du bassin méditerranéen : voyageurs en quête de soleil et adeptes de packages promotionnels. Ce type de marché est très aléatoire étant donné, d’une part de la concurrence directe de l’ensemble des stations balnéaires du pourtour méditerranéen (inclus les îles Canaries et l’Espagne) et d’autre part, de la faible marge bénéficiaire générée, obligeant à des investissements considérables (nombre de lits) pour réaliser des profits d’échelle.

On observe malgré cela, que les investissements concernant les projets Founty I, II, Marina et Taghazout ont été concentrés sur le littoral, avec un positionnement encore une fois balnéaire, et dont les coûts en immobilisation (foncier, bâtiments, revêtements, décoration, mobiliers, …) sont disproportionnés en regards des profils et attentes des clientèles potentielles. Les stratégies de profit escomptées, de type « volume », cherchant à accroître les économies d’échelle sur les phases amont des processus de production (commercialisation, achats matières et fournitures) restent totalement dépendantes du flux tendu des arrivées touristiques. Or, la conjoncture actuelle, va peut être remettre en question les flux migratoires du tourisme de masse vers le balnéaire. De plus, il semble évident que les grands complexes hôteliers seraient amenés à  investir dans de coûteux systèmes de sécurité, pas nécessairement efficaces contre les attentats, mais plutôt pour réduire le montant de leurs primes d’assurance en responsabilité civile.(….) La clé du succès pour les opérateurs touristiques sera de savoir reconnaître la diversité de la demande touristique et de vendre des produits sur mesure. On comprend dès à présent que les opérateurs touristiques existants seront obligés de faire de gros efforts pour répondre à ce type de demande. Il s’agira de fournir des prestations, en termes de qualité de services, d’animation, d’excursions, de restauration, qui prendront en compte les caractéristiques de ces différents publics.

Enfin, il ne faudra pas sous estimer le déficit d’image en termes d’attractivité commerciale que susciteront les pays musulmans, face à la nouvelle donne terroriste. Il est clair que ces derniers devront offrir davantage de garanties que toute autre destination, sachant que les seniors (qui représentent les marchés à séduire) sont beaucoup plus attentifs aux notions de sécurité et de risques que les autres catégories d’âge.(…) Les espoirs de développement se tournent vers l’écotourisme, la région bénéficiant d’atouts naturels attractifs et diversifiés. C’est dans ce sens que l’adhésion au Club des plus belles baies du monde pouvait apporter à la région une dimension territoriale et non plus limitée à l’espace littoral. En outre, raisonner en termes de produits sur un ensemble de territoires diversifiés (aussi bien sur le plan physique que culturel) et accessibles dans un rayon de 150 km autour d’Agadir, définie un positionnement marketing performant, dans la mesure ou il se démarque d’une offre balnéaire excessivement concurrentielle. Durant trop longtemps, cet aspect n’a pas véritablement été mis en avant au niveau de la politique de promotion locale et régionale en direction des marchés émetteurs.

(…) On aura compris que l’enjeu du secteur, ne réside pas tant dans la seule capacité à produire des lauréats, mais plutôt dans la capacité des unités hôtelières à les évaluer et à valoriser le parcours de chacun, employés, middle management et responsables de département. Il s’agit là tout simplement d’une révolution culturelle ou de management, d’autant plus attisée par les incertitudes des prévisions des marchés touristiques.

 

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l’Economiste: Ingénierie en dépollution industrielle

Agadir: Les industriels misent sur le développement durable

Qualité, développement durable et optimisation des ressources. Tels sont les maîtres mots de la Journée régionale de la qualité qui s’est déroulée tout dernièrement à la Chambre de commerce, d’industrie et de services (CCIS) d’Agadir.
En effet, une démarche qualité doit inclure des éléments pluridimensionnels. Elle ne se limite point aux produits et services. Autrement dit, la question dépasse la satisfaction du client. Elle repose également sur des ressources humaines, financières et notamment naturelles.

Agadir, qui se base sur ses potentialités naturelles pour son développement économique, est particulièrement concernée par la dimension environnementale et les pratiques de développement durable. Toutefois, bien que l’entreprise régionale soit consciente des impacts environnementaux de ses activités ou produits, «son évolution est entravée par des contraintes externes face auxquelles elle est désarmée», souligne Phillipe Alléau, manager du cabinet ATP Conseil. Dans ce contexte, l’intervenant cite le cas de la zone industrielle d’Aït Melloul qui connaît encore des problèmes d’ordre juridique, réglementaire et technologique.

L’activité de ce site et son développement économique, tout comme ceux d’autres zones du genre dans le Grand Agadir, posent le problème de la destination des déchets industriels. Actuellement, aucune décharge contrôlée de collecte de déchets industriels n’existe dans la région. Dans cette zone également, en matière de préservation de l’environnement et de développement durable, seules deux unités industrielles ont réalisé une station de traitement des rejets liquides. Il s’agit de Copag et de Belma.

Celle de cette dernière est la première du genre à avoir été réalisée à Agadir sur la zone industrielle d’Aït Melloul. Pour rappel, le projet a été financé dans le cadre du Foded (fonds de dépollution industrielle) mis en place par le gouvernement. Le problème qui se pose aujourd’hui pour cette station de traitement pilote tout comme pour celle de Copag, c’est l’élimination des boues qu’elles produisent. C’est pour cette raison que l’unité de traitement de Belma est aujourd’hui en arrêt de fonctionnement.

Des études et essais ont été initiés pour définir les filières de valorisation ou de décharge. De l’avis d’un opérateur de la région, la station d’épuration de M’zar (périphérie d’Agadir), dont le fonctionnement est assuré par la Ramsa, pourrait être une solution à cette problématique.De nos correspondantes, I. Bo. & M. A.
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Alléau sur l’Economiste

Agadir dans le Club des Plus Belles Baies du Monde

Agadir la plus belle Baie du monde Philippe Alléau ATP Conseil Agadir Maroc Des représentants du club ont remis le certificat d’adhésion, la semaine dernière, aux élus et autorités de la région L’adhésion d’Agadir au Club des Plus Belles Baies du Monde est désormais effective. Deux représentants de l’entité, Hervé Laigo et Bruno Bodard, respectivement trésorier et secrétaire général du Club, ont fait le déplacement la semaine dernière à Agadir pour remettre aux élus et autorités de la région le certificat de membre.

Une adhésion dont la pérennité sera assurée par le Conseil régional du Souss-Massa-Drâa, chargé de représenter officiellement la baie. Il aura ainsi pour fonction de mettre en œuvre plusieurs actions sur le long terme. Il s’agit entre autres de participer aux côtés des autres membres à des forums internationaux, de réaliser des études prospectives concernant la région et d’être une force de proposition et de réflexion au niveau des échanges avec le club. Outre l’opportunité de promotion qu’offre cette opération, ses retombées sont multiples.

Le Souss pourra bénéficier d’un réseau d’expériences et de savoir-faire. Par ailleurs, l’adhésion au club facilitera l’accès à des financements internationaux pour la réalisation d’actions relatives au développement et à la préservation du site. A rappeler que la demande d’adhésion au club des plus belles baies du monde remonte à l’an 2000. Et c’est à la suite de plusieurs démarches de Philippe Alléau, consultant et initiateur de ce projet au profit d’Agadir, qu’elle a aboutie. Rassemblant une trentaine de baies des plus prestigieuses du monde, le club mondial a vu le jour en novembre 1997, à l’ITB (salon de tourisme de Berlin). Aujourd’hui, le Maroc est le premier candidat du continent africain.

Il a été suivi par la baie du Cap d’Afrique du Sud. Parmi les objectifs de l’association, figurent la préservation et la valorisation des patrimoines des membres, ainsi que la promotion du tourisme. De notre correspondante, Malika ALAMI

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